Ça se passait dans les années cinquante, soixante. Dans ce temps-là, swings, rigodons et sets carrés se dansaient dans toute la parenté.
Le 31 décembre, veille du Jour de l'An, chacun se préparait fébrilement. Aux environs de vingt heures, on se réunissait chez nos grands-parents qui possédaient une ferme laitière à quarante kilomètres de Montréal. Tantes, oncles, cousins, cousines rivalisaient de leurs plus beaux atours. Certains d’entre eux ne se rencontraient que dans les mariages ou les enterrements. Les conversations débutaient lentement sur des sujets anodins.
Un vieux disque est placé sur la table tournante. C’est un départ. Tous les adultes sont debout, par couple, formant un cercle parfait. Le grand-père 'calle' le premier set carré, appelé aussi 'set callé'.
Changement au programme. Le grand-père sort son violon, Georges, son accordéon, et Paul 'calle' la prochaine danse.
Jeunes et moins jeunes sont à bout de souffle et s’assoient. Georges laisse son accordéon et entame une série de chansons à répondre.
Minuit moins une minute: tous en choeur: 59, 58, 57... 3, 2, 1
-- 'Bonne Année' tout le monde. On s'embrasse à qui mieux mieux! Santé - Bonheur et Prospérité!
Les plus beaux chants se font entendre et chacun louche vers la table du réveillon.
27 novembre 2007