Le ver à soie n'est pas un ver, mais plutôt une chenille. La soie est issue du cocon produit par la chenille du bombyx du mûrier. Le bombyx du mûrier est un papillon ainsi nommé, parce que, à l'état de chenille, il se nourrit exclusivement des feuilles du mûrier.
On le trouvait, à l'origine, dans les pays où poussait le mûrier blanc, soit en Chine, en Inde ou en Perse.
La technique permettant de produire la soie date de 2500 avant J.-C, et vient de Chine. Le secret de cette technique a été jalousement gardé jusqu'en 560. Puis, on en commença la production en Europe, et en France vers le XIIIe siècle.
L'élevage des vers à soie est appelée sériciculture.
La femelle du bombyx pond de 300 à 500 oeufs, appelés graines. Chaque graine, de la taille d'une tête d'épingle, produit une minuscule chenille d'une longueur de 3mm environ. Son appétit n'est pas en rapport avec sa taille. Elle se gave de feuilles de mûrier. Dans l'espace d'un mois, cette chenille mue quatre fois, pour atteindre son évolution maximum, de 8 à 10 cm. Puis, elle s'arrête de manger et cherche un endroit pour filer son cocon, dans lequel elle se transformera en chrysalide.
Elle tisse environ 1200 m de fil de soie, en tournant sur elle-même, mais son cocon est poreux pour lui permettre de respirer. Ses fils sont recouverts de grès. Ses glandes séricigènes se vident et la chenille redevient petite, de 2 à 3 cm. La chrysalide deviendra un beau papillon.
En sériciculture, on empêche les chrysalides de se transformer en papillon, car en sortant du cocon, le papillon le perce et brise le fil. Alors, les chrysalides sont étouffées en passant les cocons dans un bain de vapeur, ce qui permet de garder ces cocons longtemps en attendant de les dévider.
Lors du dévidage, on prend plusieurs fils de plusieurs cocons à la fois pour faire un fil plus solide. La soie grège (recouverte de grès) doit être lavée pour être brillante.
Différentes opérations permettront d'assouplir, de solidifier et d'enrouler le fil de soie. Viendront ensuite le tissage et la teinture.
La découverte de nouvelles fibres synthétiques au début du XXe siècle marquera le déclin progressif de l'industrie de la soie pour le plus grand bien du bombyx du mûrier.
30 septembre 2006